Investing In African Mining Indaba
 

INTERVIEW ECRIT DE MINING INDABA AVEC MONSIEUR OUMAROU IDANI, MINISTRE DES MINES ET DES CARRIERES DU BURKINA FASO


1. L’expansion de l’exploitation aurifère au Burkina Faso : quelle est la vision à long terme et la fluctuation des conditions pour les miniers et les investisseurs?

La vision à long terme de mon Département pour ce qui concerne le secteur minier est de faire de ce domaine à l’horizon 2026, un secteur compétitif et un levier important de développement socio-économique durable du Burkina Faso. La réalisation de cette vision nécessite une mise en œuvre efficace des réformes en collaboration avec les autres acteurs du secteur, dans le respect des principes directeurs suivants : la propriété de l’Etat sur les ressources minérales, l’intégration des mines au reste de l’économie nationale, le partenariat, la bonne gouvernance (l’équité, la transparence, l’obligation de rendre compte, le contrôle et l’anticipation), la préservation de l’environnement, le développement communautaire et la prise en compte des thématiques transversales (genre, environnement, droits humains, santé).

A cet effet, la stratégie de mon Département repose sur les deux orientations que sont :
(1). Créer les conditions favorables à la recherche et à l’exploitation rationnelle et durable des ressources minérales.
(2). Accroître les retombées de l’exploitation des substances minérales pour un développement durable du Burkina Faso.

Depuis les années 1990, le Burkina Faso a connu l’application de trois (3) textes régissant le secteur des mines. En effet, après la déclaration de politique minière de 1997, un premier code minier a été élaboré et adopté en 2003. A partir de 2010, la nécessité de relecture du code de 2003 s’est avérée au regard du contexte marqué par des conflits nés de la volonté de plus en plus grandissante des populations riveraines de profiter des retombées des mines. C’est dans ce contexte, que le code a été révisé le 26 juin 2015. Ce code est un code équilibré, en ce sens qu’il prend en compte les intérêts des investisseurs, des communautés locales et de l’Etat.

2. L’exploitation minière artisanale: Comment les règlements sont-elles en train de changer et quelle est la situation actuelle ?

L’exploitation artisanale de l’or est devenue aujourd’hui la deuxième occupation des populations rurales après l’agriculture. L’artisanat minier a connu un développement notable avec une explosion du nombre de sites d’exploitation artisanale ou sites d’orpaillage. A ce jour plus de six cents (600) sites (suivant l’enquête de l’Institut National des Statistiques et de la Démographie (INSD) 2017) d’orpaillage sont répertoriés et plus d’un million de personnes vivent de cette activité.

L’enquête nationale 2017 de l’INSD, estime la production artisanale d’or à 9,5 tonnes en 2016 pour une valeur de 232,2 milliards de FCFA. Mais cet engouement, malgré certains avantages, s'accompagne également d’effets négatifs sur le plan environnemental, économique et social. C’est pour faire face à toutes ces difficultés et surtout pour réduire les impacts négatifs sur l’environnement et sur la société, que le Gouvernement du Burkina Faso a créé en 2015 l'Agence Nationale d'Encadrement des Exploitations Minières Artisanales et Semi-mécanisées (ANEEMAS).

C’est en 2017 qu’un véritable processus de renforcement de ses capacités et de son déploiement sur l’ensemble du territoire a été entamé. Cette structure contribuera à canaliser la production artisanale estimée à 9,5 tonnes (étude réalisée par l’INSD) vers les circuits officiels de collecte. L’ANEEMAS travaille sur la base des textes comme la loi N°036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant Code minier du Burkina Faso, la loi N°028-2017/AN du 28 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses au Burkina Faso et de leurs textes d'application.

Le Ministère des Mines et des Carrières a mis au centre de ses préoccupations la question de l’artisanat minier. C’est ainsi que nous avons organisé le 26 avril 2018 le Forum National sur l’orpaillage sous le thème « Artisanat Minier (Orpaillage) au Burkina Faso : quelles stratégies d’encadrement pour une meilleure contribution à l’économie nationale ? ». L’objectif de ce forum était de mettre en place un véritable cadre de dialogue entre le Ministère et les acteurs de l’artisanat minier au plan national.

En dehors de l’or, quelles sont les autres richesses cachées du Burkina Faso

Situé au sein du craton Ouest Africain dont le potentiel minier n’est plus à démontrer, le Burkina Faso a un sous-sol qui regorge de diverses minéralisations en plus de l’or.

Les anciennes recherches géologiques et minières combinées aux nouvelles investigations entreprises par le Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB), service géologique national avec l’appui de la Banque Mondiale ont permis de localiser plusieurs indices et anomalies de nombreux métaux sur l’ensemble du territoire national. 

1. LES METAUX FERREUX


2. LES METAUX NON FERREUX


3. LES SUBSTANCES NON METALLIQUES


4. LES SUBSTANCES ENERGETIQUES